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 kabylie

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Andrea



Messages : 11
Date d'inscription : 06/09/2007

MessageSujet: kabylie   Ven 14 Sep - 21:51

Plus qu'une région d'Algérie de langue maternelle kabyle (amazigh), les Kabylies sont un ensemble régional marqué par sa vie paysanne, à l'ouest en villages groupés à moyenne altitude sur les crêtes et, vers Collo, en hameaux de clairières. Les contraintes collectives héritées pèsent sur sa population islamisée, de plus en plus arabisée, que les dominations arabe, turque, puis coloniale ont isolée et concentrée dans ses montagnes méditerranéennes. Les Kabylies couvrent les wilaya de Tizi Ouzou et de Bejaia, l'est de la wilaya de Boumerdès, le nord de celle de Bouira et, en pays arabophone, la wilaya de Jijel et la presqu'île de Collo.

Cet ensemble juxtapose, au sud des massifs littoraux du bourrelet liminaire (socle nu à l'est et voilé de flysch à l'ouest), de hautes sierras calcaires : Djurdjura (2 321 m), Babor, au fond du golfe de Bejaia (2 000 m), Chaîne numidique plus basse à l'est. Une tectonique récente le coupe des fossés du Sebaou et de Boghni et des plaines de l'oued Sahel-Soummam et de Jijel. Elle a facilité la dissection des massifs et l'encaissement des cours d'eau jusqu'à la mer (gorges du Sebaou et des oueds Agrioun et El-Kebir). Ce haut pays morcelé et pentu aux sols fragiles souvent acides, enneigé l'hiver, bénéficie de précipitations méditerranéennes atteignant 2 mètres dans le massif de Collo, de cours d'eau pérennes et d'une végétation arborée dense et étagée où le socle conserve une forêt de chênes-lièges parfois dégradée.

La confiscation de terres de plaine par la colonisation, après l'insurrection de 1871, a déséquilibré l'économie d'une région très densément peuplée. L'émigration saisonnière du travail dès l'époque précoloniale, réorientée vers les villes algériennes et la France, et pérennisée par la répression coloniale de 1954 à 1962, explique le déficit migratoire d'avant 1966. La croissance, proche du croît naturel, de 2,9 % par an de 1966 à 1977, a connu, avec un taux de 3,9 %, un excédent migratoire global de 1977 à 1987 dû surtout aux concentrations de peuplement dans les dépressions (Basse Kabylie, Sebaou, Sahel-Soummam, oued El-Kebir, Jijel), à l'inverse de certaines enclaves montagneuses. Ainsi la population a-t-elle crû plus vite que celle du pays : elle a doublé depuis le recensement de 1966 et porté sa densité à 240 en 1987. Elle a atteint alors 3 200 000 habitants (13 % des Algériens), non compris l'essaimage, hors de la région, à Sétif, Constantine, Alger et même Oran.

Rurale et dépendante de villes extérieures en 1966, la région s'urbanise depuis lors. Les 11 % d'urbains de ses onze villes de 1966, sur le littoral (Bejaia, Jijel) et dans les vallées du Sebaou (Tizi Ouzou), de l'Isser et de la Soummam, sont devenus 17,3 % dans vingt-six villes en 1977, puis 22,1 % dans trente-neuf villes en 1987. Cette croissance urbaine - à un taux annuel qui, bien que passé de 7 à 6,5 %, est encore très important - est surtout liée à l'urbanisation fonctionnelle de bourgs ruraux devenus maillons élémentaires d'un réseau urbain. Ce sont les centres urbanisés entre 1966 et 1977 qui ont accéléré leur croissance de 5 à 6,9 % par an ; les villes préexistantes ont ralenti la leur de 4 à 3,6 %, et les bourgs urbanisés après 1977 n'ont vu leur taux s'élever que de 3,4 à 4,8 %.

Ces décalages reflètent la succession de deux modes d'urbanisation. Le premier a planifié et créé des activités de production et de services, et fait pour cela appel à des populations nouvelles. Le second, consécutif au désengagement de l'État, a concentré des ruraux éloignés de l'emploi agricole dans des agglomérations locales et leurs lotissements.

À l'inverse des montagnes où les exploitations morcelées et jadis surcultivées de petits propriétaires sont à l'abandon ou restent seulement oléicoles, les plaines et vallées fertiles, qui furent seules touchées par la révolution agraire, ont spécialisé leurs productions (lait, œufs, volaille, maraîchage) en réponse à la demande croissante locale et algéroise. Ainsi, le taux d'emploi agricole se maintient à 20 % des actifs ou plus, voire s'accroît autour des usines et villes le long des axes de communication. Il atteint à peine 10 % dans les montagnes ; il y accompagne des taux d'emploi dérisoires : ici, le maintien des populations, notamment dans les nouvelles concentrations, n'est rendu possible que par les transferts de ressources de l'émigration et la spéculation sur les devises.

Les usines lancées dans la décennie de 1970, et achevées avec un retard croissant, s'alignent dans l'axe du Sebaou (textiles et matériel électrique surtout) d'Isser à Azazga par Bordj Menaiel, Draa ben-Khedda et Tizi Ouzou (58 000 hab. en 1987) ; sur la Soummam (textiles, cuirs, mécanique) d'Akbou à Sidi Aïch et au port pétrolier de Bejaia (114 000 hab. en 1987) ; dans la dépression de Boghni ; et sur des sites ponctuels (Bougaa, Aïn Kebira...).

Les déséquilibres nés du développement de l'industrie et de l'équipement (université de Tizi Ouzou) ont provoqué une demande croissante de services de moins en moins satisfaite. Le malaise économique et social né, en Algérie après 1980, du désinvestissement, de la chute du pouvoir d'achat et des frustrations a exacerbé ici la revendication culturelle et identitaire cristallisée sur la berbérité (le tamazight) au cœur du « printemps berbère » dès 1981. Touchée, mais moins que le reste du pays, par le terrorisme de l'intégrisme islamiste, la région, que tente l'isolement, est néanmoins profondément liée au destin de la nation. Cette contradiction s'exprime au sein du Mouvement culturel berbère et oppose dans les partis les tentations de compromis et de partage avec la mouvance islamiste à l'intégration à un mouvement démocratique algérien uni reconnaissant la culture berbère.

Bouziane SEMMOUD
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Marina



Messages : 21
Date d'inscription : 08/09/2007

MessageSujet: Re: kabylie   Sam 15 Sep - 19:56

c'est un super écrit.
Merci Andrea!
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SAM

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Messages : 35
Date d'inscription : 02/08/2007

MessageSujet: Re: kabylie   Dim 16 Sep - 2:00

Marina toi aussi tu peux nous raconter un peux sur ta région. je sais que tu as certainement beaucoups à nous raconter.
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MessageSujet: Re: kabylie   

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kabylie
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