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 Lettre d’un autonomiste à la Femme kabyle

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AuteurMessage
Andrea



Messages : 11
Date d'inscription : 06/09/2007

MessageSujet: Lettre d’un autonomiste à la Femme kabyle   Jeu 13 Sep - 23:57

Lettre d’un autonomiste à la Femme kabyle
A toi, ma future épouse, que je ne connais pas mais que la vie mettra un jour sur mon chemin.

mardi 4 septembre 2007

Si l’autonomie de la Kabylie est avant tout une lutte pour la liberté d’un peuple et pour la préservation de ses spécificités, c’est également l’occasion de corriger le sort fait à cette partie du peuple kabyle à qui on doit la préservation de la langue : les femmes. C’est pourquoi elles ne doivent pas hésiter à prendre possession de cette cause pour imposer la prise en compte de leurs aspirations. L’engagement politique des femmes en Kabylie reste problématique car mal vu par l’environnement familial et par la société en général. S’il ne s’agit pas de remettre en cause les repères de la société, l’abrogation du code de la famille et l’institutionnalisation de l’égalité hommes-femmes restent une exigence majeure. Petit hommage à la femme kabyle par l’intermédiaire de ce petit texte sous forme de lettre ouverte.



Petite devinette pour commencer : qu’est-ce qui est grand, beau, passionnant, mystérieux, magique, solide, merveilleux et indestructible ?

Ce n’est malheureusement pas moi. C’est l’amour. Celui que je te porte. Et celui que j’aimerais que tu éprouves pour moi même si ce genre de sentiment ne se commande pas. L’amour, c’est notre raison d’être. N’en déplaise aux grincheux qui ne jurent que par leurs cris de guerre éructés en temps de paix. Car les mêmes disparaissent en temps troubles. Ne meurent sous les balles que les amoureux de la paix, de la justice... et de l’amour. Tout ce que nous faisons est sous-tendu par ce sentiment qui nous trouble.

L’amour, c’est lui qui donnera un sens à une vie qui ne t’appartiens pour l’instant pas. Tu attends peut-être qu’il se manifeste. Peut-être t’es-tu résignée à l’idée d’épouser celui que l’on a choisis pour toi, parfois depuis longtemps. Tu t’imagines déjà enfanter avec inquiétude, subir les vexations de ta belle-famille, la froideur de ton mari et attendre sagement que ta vie, gâchée, arrive à son terme. Tes enfants seront ta seule raison de vivre.
Un doute t’assaille. L’amour existe-t-il dans ce pays ou sa simple évocation relève de l’obscénité ? Ou rencontrer l’homme de sa vie est une gageure ?

Alors que faire ? Te résigner à ton destin de femme kabyle ? Ou prendre le taureau par les cornes en faisant briller la flamme de la résistance ? Ta liberté est en jeu et tu ne peux transiger pour elle. Les combattants de la liberté, de la justice et de la vérité que sont les partisans de l’autonomie de la Kabylie t’attendent car la solidité de l’édifice de l’autonomie régionale kabyle exige que tu y dépose ta pierre. Il y a tant de murs à fracasser pour faire naître l’espoir ! Je crains que seul un poing féminin rageur pourra assommer le code de l’infâmie et toutes les autres offenses législatives qui te sont faites...

Tu es perdue quelque part au milieu des montagnes du Djurdjura, je suis perdu au milieu du fracas parisien, tout occupé mar mes ambitions mesquines et utopistes et pourtant, mes pensées restent tournées vers cette proche et lointaine Algérie. L’Algérie recelle un trésor. Un trésor qui n’est ni de l’or, ni du diamant, ni du gaz, ni du pétrole. Un trésor dont je ne connais pour l’instant ni le visage, ni le prénom. Peut-être portes-tu un prénom berbère ? Un prénom qui viendrait rappeler que l’histoire de l’Algérie n’a pas commencé en 1962 mais qu’elle est millénaire. Tu seras, je l’espère, comme l’Algérie : belle et mystérieuse.

Retour à la réalité parisienne... Regards baissés, automobiles pétaradantes, jeunes gens défiant l’ennui et jeunes femmes esquivant les regards ou faisant semblant d’être occupées. L’eden français est bel et bien un mirage.

Retour en Algérie... Qu’elle serait belle l’Algérie sans ces voleurs qui dirigent le pays depuis l’indépendance, sans ces bandits qui se parent des habits de l’islam, sans ces militaires qui viennent te rappeler que la démocratie et l’état de droit ne sont pas pour demain, sans cette omniprésence de drapeaux qui défigurent le paysage, sans cette arrogance des agents de l’administration, sans ces détritus qui bordent les routes...

Heureusement, l’Algérie c’est aussi tous ces jeunes qui se battent contre ce système pourri, c’est la fière et rebelle Kabylie qui en fait baver, à tous ces navets qui gouvernent, ce sont tous ces militants, étudiants, journalistes ou simples citoyens qui tentent obstinément de montrer le chemin de la démocratie et de la dignité au reste de leurs concitoyens. C’est Lounès Matoub, Mouloud Mammeri, Tahar Djaout, Abane Ramdane, Massinissa Guermah, Kamel Amzal, Ameziane Mehenni... Tous morts d’avoir voulu vivre dans la dignité.

Alors, en attendant de te rencontrer, j’ai choisis d’honorer la mémoire de ces martyrs de la liberté en faisant mien le combat qui était le leur. Un combat que nous partagerons ensemble. Ferhat Mehenni, l’homme qui a dit non à la fatalité un jour du printemps 2001 a ouvert un chemin. Alors cessons de tergiverser et empruntons-le avec rage et espoir.

Le vent seul ignorant les frontières, je le charge de déposer délicatement un petit baiser sur ta joue.

Arezki BAKIR.

source:
http://www.kabyle.com/Lettre-d-un-autonomiste-a-la-Femme,12485.html
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