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 LES DONNÉES LINGUISTIQUES

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Date d'inscription : 17/07/2007

MessageSujet: LES DONNÉES LINGUISTIQUES   Jeu 13 Sep - 1:59

LES DONNÉES LINGUISTIQUES
L’apport des études linguistiques ne peut être négligé dans un essai de définition des origines berbères dans la mesure où la langue est aujourd’hui le caractère le plus original et le plus discriminant des groupes berbères disséminés dans le quart nord-ouest du continent africain.

Une indispensable prudence

Les idiomes berbères adoptent et "berbérisent" facilement nombre de vocables étrangers : on y trouve des mots latins, arabes (parfois très nombreux on compte jusqu’à 35 % d’emprunts lexicaux à l’arabe, en kabyle), français, espagnols… Il semble que le libyque était tout aussi perméable aux invasions lexicales, surtout en onomastique.

On doit par conséquent se montrer très prudent devant les rapprochements aussi nombreux qu’hasardeux proposés entre le berbère et différentes langues anciennes par des amateurs ou des érudits trop imprudents. D’après Bertholon le libyque aurait été un dialecte hellénique importé par les Thraces ; d’autres y voient des influences sumériennes ou touraniennes. Plus récemment l’archétype basque a été mis en valeur, avec des arguments à peine moins puérils. Les amateurs du début du siècle croyaient, en effet, pouvoir fonder leurs apparentements en constituant de longues listes de termes lexicaux parallélisés à ceux de la langue de comparaison. De tels rapprochements sont faciles, on peut ainsi noter de curieuses convergences de vocabulaire aussi bien avec les dialectes amérindiens qu’avec le finnois.

Ces dévergondages intellectuels expliquent l’attitude extrêmement prudente des berbérisants qui, inconsciemment sans doute, désireraient que soit reconnue l’originalité intrinsèque du berbère. Cette attitude va même jusqu’à douter parfois de la parenté entre le berbère et le libyque, ou, plus exactement, leur prudence est telle qu’ils voudraient être bien sûrs que la langue transcrite en caractères libyques fût une forme ancienne du berbère.

Cette attitude plus que prudente apparaît dans un texte célèbre d’A. Basset : "En somme la notion courante du berbère, langue indigène et seule langue indigène jusqu’à une période préhistorique... repose essentiellement sur des arguments négatifs, le berbère ne nous ayant jamais été présenté comme introduit, la présence, la disparition d’une autre langue indigène ne nous ayant jamais été clairement attestées" (La langue berbère. L’Afrique et l’Asie, 1956).

Les inscriptions libyques

Malgré leur nombre et un siècle de recherches, les inscriptions libyques demeurent en grande partie indéchiffrées. Comme le signalait récemment S. Chaker (1973), cette situation est d’autant plus paradoxale que les linguistes disposent de plusieurs atouts : des inscriptions bilingues puniques-libyques et latines-libyques, et la connaissance de la forme moderne de la langue ; car, si nous n’avons pas la preuve formelle de l’unité linguistique des anciennes populations du Nord de l’Afrique, toutes les données historiques, la toponymie, l’onomastique, le lexique, les témoignages des auteurs arabes confirment la parenté du libyque et du berbère. En reprenant l’argument négatif dénoncé par A. Basset, mais combien déterminant à mon avis, si le libyque n’est pas une forme ancienne du berbère on ne voit pas quand et comment le berbère se serait constitué.

Les raisons de l’échec relatif des études libyques s’expliquent, en définitive, assez facilement : les berbérisants, peu nombreux, soucieux de recenser les différents parlers berbères n’ont guère, jusqu’à présent, apporté une attention soutenue au libyque dont les inscriptions stéréotypées ne sont pas, à leurs yeux, d’un grand intérêt. En revanche, les amateurs ou les universitaires non berbérisants, qui s’intéressaient à ces textes en raison de leur valeur historique ou archéologique, n’étaient pas armés pour cette étude.

Enfin le système graphique du libyque, purement consonantique, se prête mal à une reconstitution intégrale de la langue qu’il est chargé de reproduire.

L’apparentement du berbère

Cependant l’apparentement du berbère avec d’autres langues, géographiquement voisines fut proposé très tôt ; on peut même dire dès le début des études. Dès 1838, Champollion, préfaçant le Dictionnaire de la langue berbère de Venture de Paradis, établissait une parenté entre cette langue et l’Égyptien ancien. D’autres, plus nombreux, la rapprochaient du sémitique. Il fallut attendre les progrès décisifs réalisés dans l’étude du Sémitique ancien pour que M. Cohen proposât, en 1924, l’intégration du berbère dans une grande famille dite Chamito-Sémitique qui comprend en outre l’Égyptien (et le Copte qui en est sa forme moderne), le Couchitique et le Sémitique. Chacun de ces groupes linguistiques a son originalité, mais ils présentent entre eux de telles parentés que les différents spécialistes finirent par se rallier à la thèse de M. Cohen.

Ces parallélismes ne sont pas de simples analogies lexicales ; ils affectent la structure même des langues comme le système verbal, la conjugaison et l’aspect trilitère des racines, bien qu’en berbère de nombreuses racines soient bilitères, mais cet aspect est du à une "usure" phonétique particulièrement forte en berbère et que reconnaissent tous les spécialistes. Ce sont ces phénomènes d’érosion phonétique qui, en rendant difficiles les comparaisons lexicales avec le Sémitique, ont longtemps retenu les Berbérisants dans une attitude "isolationniste" qui semble aujourd’hui dépassée.

Quoi qu’il en soit, la parenté constatée à l’intérieur du groupe Chamito-sémitique entre le berbère, l’égyptien et le sémitique, ne peut que confirmer les données anthropologiques qui militent, elles aussi, en faveur d’une très lointaine origine orientale des Berbères.

Laboratoire d’anthropologie et de préhistoire des pays de la Méditerranée occidentale

source:
http://www.mondeberbere.com/
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Andrea



Messages : 11
Date d'inscription : 06/09/2007

MessageSujet: Re: LES DONNÉES LINGUISTIQUES   Ven 14 Sep - 21:06

La langue et les parlers
Le berbère était mal armé pour résister aux forces qui menacent tout idiome. Aussi a-t-il éclaté en une poussière de parlers dont aucun n'est le berbère. De plus, il a subi l'assaut de langues plus prestigieuses, que les invasions ont placées à ses côtés : tous les parlers berbères portent la marque de l'arabe, leur parent devenu leur voisin par la conquête. Pourtant, le berbère est encore bien vivant et, partout, son unité profonde reste perceptible. Il se défend par inertie, parfaitement adapté à la société qu'il exprime ; menacé comme elle, il durera ce qu'elle durera.

Aucune enquête récente n'a précisé le nombre des personnes dont le berbère est la langue première, mais on peut admettre qu'il dépasse douze millions, dont sept ou huit millions se trouvent au Maroc, où les Chleuh du Sous, les éleveurs des massifs centraux et les Rifains représentent près de 40% de la population. Trois ou quatre millions habitent le nord de l'Algérie : le berbère forme plusieurs îlots entre la frontière marocaine et Alger, puis s'impose massivement en Kabylie et dans l'Aurès. Il survit dans quelques villages de Tunisie, à Djerba surtout. On le retrouve en Libye, puisque Zouara et une partie du djebel Nefousa sont à lui, et jusqu'en Égypte où Siwa, l'antique oasis d'Ammon, marque sa limite orientale. Présent au Mzab et dans les oasis sahariennes, il est parlé aussi par les 750 000 Touareg, dont la plupart appartiennent au sahel du Niger et du Mali, et par les Zenaga de Mauritanie.

Au sud du Sahara, le berbère est entré en contact avec des langues de l'Afrique noire. Partout ailleurs, il est assiégé par les dialectes arabes, qui lui ont déjà ravi de vastes territoires. L'arabe rayonne à partir des villes, mais, par suite de l'émigration ouvrière, les plus fortes agglomérations berbères sont peut-être Casablanca, Alger et même Paris. Quant aux juifs berbérophones, ils ont aujourd'hui déserté la montagne marocaine pour Israël.

Un réseau complexe de correspondances
Les parlers de populations si diverses sont reliés entre eux par des traits linguistiques communs qui garantissent l'unité du berbère. Mais la réalité ne livre qu'un foisonnement de parlers locaux, quatre à cinq mille selon A. Basset. Chaque tribu, chaque village a le sien. Il existe pourtant quelques groupes plus larges dont les membres ont le sentiment de parler un même dialecte : ainsi les Touareg, les Chleuh ou les Kabyles. D'un groupe à l'autre, on se comprend peu ou pas du tout.

Un tel éparpillement s'explique en premier lieu par l'immensité d'un domaine aux communications difficiles. Les progrès de l'arabe ont encore contribué à isoler les uns des autres les groupes berbérophones. Rien n'a contrarié les forces centrifuges. Jamais l'unité politique du monde berbère n'a été totale ou durable et jamais, sauf peut-être sous les rois numides, le berbère n'a été promu au rang de langue officielle. Jamais non plus il n'a vraiment bénéficié des avantages de l'écriture, bien qu'il possède un alphabet encore connu des Touareg sous le nom de tifinarh ; les notations des linguistes ne sont qu'un artifice. Enfin, l'expression littéraire, si riche qu'elle soit, demeure régionale et ne favorise aucun dialecte. Jadis punique ou latin, aujourd'hui arabe, français ou haoussa, une langue étrangère suffit aux relations extérieures. Le berbère reste au foyer avec les femmes, ses meilleures gardiennes : c'est là sa faiblesse et sa force.

sur Internet Un délicat problème historique
Le préhistorien ne tient pas les Berbères pour les premiers habitants de l'Afrique du Nord, mais le berbère s'y trouve dès l'aube de l'histoire. On a peine à retracer l'évolution d'une langue rarement écrite. Peu d'épaves ont échappé au naufrage et leur interprétation est délicate. Elle s'appuie sur le berbère moderne au lieu de l'éclairer. Les documents les plus abondants sont des noms propres, ce qui limite leur portée. Les sources antiques et les auteurs arabes citent quantité de lieux, de personnes et de populations dont les noms relèvent du berbère. L'étude systématique de ces données n'a pas encore été poussée.

Plus révélateur serait le déchiffrement des inscriptions libyques de l'Afrique du Nord. On appelle ainsi plus de 1 200 textes dont l'écriture s'apparente à celle des Touareg. L'un d'eux est daté de 138 avant J.-C. ; plusieurs s'accompagnent d'une version punique ou latine ; presque tous sont très courts et gravés sur des stèles funéraires assez frustes. Le libyque doit être une forme ancienne du berbère, mais les rapprochements proposés avec la langue actuelle demeurent trop souvent conjecturaux.

Il faut ensuite attendre le XIIe siècle pour trouver, dans des textes arabes, la citation de quinze phrases dont le berbère semble déjà proche de celui que nous connaissons. Puis le silence retombe jusqu'au XVIIIe siècle, d'où nous viennent les poèmes chleuhs d'al-Awzali, écrits en caractères arabes ; leur langue appartient décidément au berbère moderne, tel qu'il sera noté et étudié par Venture de Paradis dès la fin du siècle, et, plus tard, par un nombre croissant de voyageurs et de chercheurs.

sur Internet Parentés linguistiques
On a cherché à compléter l'histoire par la comparaison, pour mettre en évidence l'apparentement du berbère à d'autres idiomes. On lui a rattaché le guanche, qui fut parlé aux îles Canaries jusqu'à la conquête espagnole, mais la concordance reste imparfaite. On a confronté le berbère avec le basque et avec le substrat du celtique. Une voie plus sûre est offerte par la théorie chamito-sémitique, qui dans sa forme classique réunit en une même famille le berbère, l'égyptien ancien, le couchitique et le sémitique. O. Rössler va jusqu'à intégrer le berbère à ce dernier groupe, dont fait partie l'arabe. On voit aussi se multiplier les hypothèses qui situent le chamito-sémitique dans de vastes ensembles, englobant des langues de l'Afrique noire. Le berbère est souvent invoqué dans ces travaux, mais il donne plus qu'il ne reçoit et l'étude comparative des parlers berbères reste de loin la plus utile au berbérisant.

sur Internet Caractéristiques principales
sur Internet Le système phonique
Chaque parler possède sa propre phonologie. Sauf en touareg, il n'y a que trois phonèmes vocaliques, a, i, u. En revanche, l'inventaire des consonnes est très riche. On observe comme en sémitique une série de pharyngalisées, dites emphatiques. Selon l'énergie mise en jeu, toute consonne peut être relâchée ou tendue, ce qui permet diverses oppositions lexicales ou morphologiques. Les occlusives relâchées deviennent spirantes dans certains parlers.

La phrase
Le berbère dispose de verbes, de nominaux et de particules. Les verbes et les nominaux opposent deux genres, le masculin et le féminin, et deux nombres, le singulier et le pluriel.

Le verbe peut constituer à lui seul un énoncé complet : chleuh ukrg « j'ai volé », yukr « il a volé ». En effet, la forme verbale comporte obligatoirement un indice de personne, ici -g « je » et y- « il ». Cet indice est soudé au radical ou « thème » qui, soutenu par un jeu de particules, précise l'aspect de l'action, mais non le temps : ukrg note l'action accomplie, « j'ai volé » ou « (lorsque) j'aurai volé », ar ttakrg l'action répétée « je vole » ou « je volais ». Tout verbe a au moins quatre thèmes, dont l'un est un passe-partout qui par lui-même ne marque aucun aspect. À la différence de l'arabe, le berbère affecte les mêmes indices de personne à tous les thèmes, sauf dans les « verbes de qualité ». Il existe enfin des verbes dérivés, eux-mêmes pourvus des différents thèmes et formés à l'aide de préfixes qui leur donnent souvent une valeur factitive, réciproque ou passive : ainsi suff « faire enfler », en face de uff « enfler ».

Des nominaux complètent le plus souvent l'énoncé. Un nom, par exemple, peut suivre le verbe pour dire à quoi renvoie l'indice de personne : gukr urgaz « l'homme (il) a volé » ; un autre peut préciser l'objet de l'action : yukr urgaz asrdun « l'homme a volé le mulet » ; on voit que certains noms distinguent un « état libre », argaz, asrdun, et un « état d'annexion », urgaz, usrdun, réservés chacun à des fonctions définies. Mais toute langue parlée aime les tours expressifs ; on projette donc volontiers en tête de la phrase l'un ou l'autre des noms, quitte à le reprendre par un pronom personnel : asrdun, yukr-t urgaz « le mulet, l'homme l'a volé ».

À côté des pronoms personnels, répartis en plusieurs séries, on trouve des supports de détermination, dont le rôle est considérable. Ils peuvent en effet se substituer au nom ou encore s'ajouter à lui pour servir d'appui à un déterminant, particule démonstrative, complément de nom ou proposition relative : ainsi le touareg wa « celui », dans wa-r2g « celui-ci », wa n-2mgar « celui du chef », wa n2s2n « celui d'eux = le leur », wa yuk2r « celui [qu'] il a volé », ou dans amis wa-r2g « ce chameau-ci », amis wa n-2mgar « le chameau du chef », etc. Le berbère ne connaît pas de vrais pronoms ou adjectifs possessifs, relatifs ou démonstratifs. Il obtient la plupart des combinaisons syntaxiques en appliquant quelques relations fondamentales à un petit nombre de classes morphologiques. Même les propositions subordonnées ne sont le plus souvent que des relatives accrochées à un élément support : le chleuh ig « si » équivaut à « ce (i) dans (g) [quoi], le cas dans [lequel], au cas où ».

Les énoncés sans verbe ne sont pas rares. L'un d'eux fait suivre un nom d'un support que détermine une proposition relative : amis a yuk2r « un chameau [est] ce [qu'] il a volé » = « c'est bien un chameau qu'il a volé ». Le support n'est plus ici la simple reprise du nom : il devient le sujet de l'énoncé. Cette construction expressive connaît un grand succès dans tous les parlers.

Le vocabulaire
Très inégalement connu, le lexique présente un fonds commun, mais d'importantes variations régionales reflètent la diversité de l'histoire et des modes de vie. Le vocabulaire des activités traditionnelles frappe par son extrême précision et la langue affective n'est ni pauvre ni rudimentaire. L'expression des notions modernes s'avère plus embarrassante ; c'est presque toujours l'emprunt qui l'assure. Partout, l'arabe s'est infiltré. Le vocabulaire est organisé en familles de mots construits sur une même racine, toujours consonantique. Mais l'évolution phonétique ou sémantique, le rejet des termes tabous, les coups de boutoir des emprunts ont souvent affaibli ces familles et chaque mot tend à vivre de sa vie propre.

Auteur : Lionel GALAND
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